Rapport du 43e congrès de la FSSS

Le 43e congrès de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) s’est réuni à Québec du 25 au 28 octobre dernier. 652 délégué-es de 237 syndicats de partout au Québec y ont participé.

Forte de sa délégation, le SECHUM était prêt à intervenir activement au congrès, sur le dossier des assurances, sur la loi 10, sur le bilan des négos et pour appuyer nos camarades de d’autres syndicats locaux qui avaient des propositions intéressantes.

Nous étions prêts, mais l’occasion de faire ce bilan ne s’est jamais présenté. La volonté de l’exécutif de la FSSS semble avoir été de repousser les débats au conseil fédéral du mois de décembre. Malgré tout, plusieurs faits saillants ont ponctué le congrès.

La FSSS sous attaque

La loi 10 vise la fusion forcée des établissements de santé. Nous allons passer de 182 CSSS à 33 CIUSSS. Les syndicats vont donc être unifiés de force, comme en 2003. Par exemple, l’Hôpital Notre-Dame va intégrer le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, qui va inclure des dizaines de points de services (CLSC, Centre jeunesse, CHSLD, etc.).

Les syndicats en santé comprennent généralement quelques centaines, voire quelques milliers de membres. Maintenant, un seul syndicat pourra avoir plusieurs dizaines de milliers de membres ! Cet hiver, le maraudage va donc être très dur.

Malgré tous ces défauts, la FSSS demeure l’organisation syndicale la plus apte à nous représenter. C’est le seul syndicat à avoir refusé l’entente de principe lors des dernières négociations. Le SCFP et la CSQ sont trop faible en santé pour représenter l’ombre d’un rapport de force. L’APTS et la FIQ ne sont même pas des syndicats autonomes, le local doit quémander au national pour tout et n’importe quoi. Nous espérons donc que la FSSS sortira renforcée dans la prochaine période de maraudage de cet hiver.

Pour une démocratie sociale

En plus de la présentation des rapports des comités (jeunes, femmes, LGBT, CSST) et de l’exécutif, l’un des moments importants du congrès fut la conférence sur les liens entre la démocratie et l’effritement de l’État social. Pour l’occasion, Gérald Larose, ancien président de la CSN, et Jean-Pierre Charbonneau, ancien président de l’Assemblée nationale, y ont participé.

Tous ont souligné l’importance pour le mouvement syndical de défendre la démocratie. Ils ont également fait un lien intéressant entre l’affaiblissement des mécanismes démocratiques et les attaques contre le système public. Leur solution ? La réforme du mode de scrutin. Cette revendication sera également en débat lors du congrès de la CSN en juin prochain.

Il est en effet aberrant qu’un parti avec une minorité de votes puisse être au pouvoir, mais la réforme du mode de scrutin n’est pas une solution miracle non plus. Plusieurs pays d’Europe ont la proportionnelle depuis des années, cela n’as pas empêché ces différents gouvernements d’également imposer des mesures d’austérité. Est-ce vraiment là que le mouvement syndical doit mettre ses œufs pour défendre les travailleurs-euses ?

Débat sur les per capita

Peu de temps a été accordé au plancher pour s’exprimer durant ce congrès. Malgré tout, une proposition importante fut débattue, «que la portion de per capita retournés à la FSSS soit revue à la baisse, et ramenés à un pourcentage de 0,42% au lieu de 0,52%».

Qu’est-ce que les per capita ? L’argent que nous donnons à notre syndicat via notre cotisation. Ce montant est séparé en quatre; une partie va à la CSN, une autre à la FSSS, une troisième au Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM) et finalement, un montant va à notre syndicat local, le SECHUM. Cette proposition fut battue.

Malheureusement, la délégation du SECHUM aurait aimé avoir le bilan de la négociation, ou discuter des assurances. La question de la loi 10 fut également très peu abordée, pourtant elle est un enjeu crucial pour l’avenir de la FSSS, mais également pour le mouvement syndical en entier.

Espérons que lors du prochain conseil fédéral de décembre prochain, nous pourrons finalement discuter de ces questions importantes.
Bruno-Pierre Guillette